Prix et prestations
Le salon doit permettre au client de connaître le prix TTC des
prestations sans avoir à le demander. Pour la coiffure, l'arrêté du
27 mars 1987 impose un affichage en vitrine et dans le salon, ainsi
qu'une carte complète tenue à la caisse.
- Afficher les tarifs principaux de façon visible depuis l'extérieur et au point de paiement.
- Détailler les forfaits, suppléments, options barbe, couleur, soins visage, épilation ou onglerie si vous les proposez.
- Aligner les prix annoncés en vitrine, sur planche tarifaire, en ligne et au comptoir.
Diplômes, titres et promesses métier
Les prestations de coiffure et certains soins esthétiques reposent sur
une qualification professionnelle. Il est prudent de pouvoir justifier,
sur place, du diplôme, du titre ou de la responsabilité technique
correspondant aux services effectivement vendus.
- Conserver les justificatifs de qualification du responsable technique et des prestations réglementées.
- Éviter d'afficher ou de revendiquer des spécialités que l'équipe ne peut pas justifier.
- Si vous vendez aussi des produits, afficher également leur prix et leurs offres promotionnelles selon les règles générales.
Bon réflexe
Créez une source unique pour vos tarifs: une grille maître qui alimente
vitrine, accueil, logiciel de caisse, réservation en ligne et supports
réseaux. C'est la façon la plus simple d'éviter les écarts constatés en
contrôle ou en réclamation client.
Désinfection et organisation du poste
Brosses, peignes, ciseaux, tondeuses, pinces, bols, spatules, tables,
bacs et zones de contact doivent suivre un protocole de nettoyage et
de désinfection adapté à votre activité réelle.
- Prévoir les gestes entre deux clients, la fréquence des nettoyages approfondis et la traçabilité minimale utile.
- Séparer clairement matériel propre, matériel en attente et déchets souillés.
- Encadrer le linge, les consommables à usage unique et l'entretien des cabines ou bacs shampoing.
Sécurité des salariés et du public
Dans les salons, le risque chimique, les postures, les chutes, les
brûlures, la manutention et les incidents mineurs sont fréquents. Les
mesures de prévention doivent être visibles et applicables au quotidien.
- Vérifier l'aération des zones techniques, le stockage des produits et l'accès au matériel de premiers secours.
- Former l'équipe aux coupures, projections, réactions cutanées et consignes incendie si requises.
- Contrôler l'état des appareils chauffants, lampes, stérilisateurs, fauteuils, prises et rallonges.
Point d'attention
Les instituts multi-prestations cumulent souvent des exigences
différentes selon les cabines, appareils et familles de produits. Votre
organisation d'hygiène doit être pensée poste par poste, pas seulement
salon par salon.
Ce qu'il faut contrôler
Le règlement européen sur les cosmétiques impose des exigences de
sécurité, de composition et d'information. Côté terrain, cela suppose
de vérifier les références utilisées et les mentions essentielles
présentes sur les produits vendus ou mis à disposition.
- Repérer la liste INCI, le numéro de lot, la date de durabilité minimale ou la PAO et les précautions d'emploi.
- Conserver les notices utiles, fiches techniques et conditions d'usage professionnel quand elles existent.
- Isoler sans délai les produits périmés, altérés, non identifiés ou retirés de la vente.
Promesses marketing et revente
Les mentions "hypoallergénique", "sans", "naturel" ou "bio" ne doivent
pas être utilisées à la légère. Les allégations doivent rester
vérifiables et les produits revendus au comptoir doivent garder un
étiquetage lisible pour le client final.
- Éviter les promesses santé ou médicales sur des produits ou soins simplement cosmétiques.
- Ne pas reconditionner ou distribuer un produit sans vous assurer que les mentions obligatoires restent disponibles.
- Si vous fabriquez ou conditionnez vous-même des cosmétiques, le niveau d'obligation grimpe nettement et doit être traité à part.
À sécuriser
Faites un inventaire trimestriel des gammes techniques et retail:
référence, fournisseur, lot, date d'ouverture, précautions d'emploi et
emplacement. Cet inventaire aide autant en contrôle qu'en retrait
produit ou en incident client.
Parcours client et postes de service
L'accessibilité se joue dès l'entrée: ressaut, porte, banque
d'accueil, largeur de circulation, sanitaires le cas échéant,
lisibilité des informations et possibilité de bénéficier de la
prestation dans des conditions adaptées.
- Vérifier l'accès extérieur, les zones d'attente, les cheminements et au moins un mode de service raisonnablement accessible.
- Prévoir une information compréhensible sur les modalités d'accueil, l'aide disponible et les éventuelles limitations du lieu.
- Documenter les aménagements déjà réalisés et les points restant à traiter après travaux ou reprise d'un local.
Registre public d'accessibilité
Le registre public d'accessibilité ne doit pas être oublié. Il permet
d'expliquer au public le niveau d'accessibilité des prestations
proposées par l'établissement et doit être disponible simplement.
- Constituer un registre clair, à jour et facilement consultable dans l'établissement.
- Y intégrer les pièces utiles: attestation, arrêté, notice ou informations pratiques pertinentes selon votre situation.
- Rester vigilant face aux démarchages agressifs prétendant gérer un registre officiel payant.
À ne pas négliger
L'accessibilité concerne aussi la qualité d'accueil: explications
verbales, aide au déplacement dans le salon, adaptation des rendez-vous
et prise en compte des handicaps non visibles.
Affichages et informations à diffuser
L'employeur doit porter à la connaissance des salariés plusieurs
informations obligatoires: inspection du travail, médecine du travail,
secours, prévention des discriminations, convention collective, et
parfois consignes incendie ou règlement intérieur selon la situation.
- Vérifier les coordonnées affichées et les modes de diffusion effectivement utilisés dans le salon.
- Rapprocher ces obligations de la convention collective réellement applicable à l'activité.
- Intégrer aussi les procédures internes utiles: ouverture, fermeture, encaissement, sécurité et gestion des incidents.
DUERP, registre du personnel et preuves
Le document unique et le registre unique du personnel sont des
fondamentaux. Le premier doit décrire les risques et mesures de
prévention; le second identifier tous les salariés concernés dans
l'établissement.
- Mettre à jour le DUERP en fonction des produits, appareils, cabines et organisations réellement utilisés.
- Tenir le registre unique du personnel pour chaque salarié, intérimaire, stagiaire ou travailleur concerné.
- Conserver les preuves utiles: formation sécurité, fiches produits, maintenance, accidents bénins, médecine du travail.
Bon angle de travail
Un DUERP crédible dans un salon ressemble à la réalité du terrain:
colorations, lissages, cires, posture au bac, nettoyage, manutention du
linge, gestion de clientèle et horaires étendus. Les modèles trop
génériques résistent mal à la pratique.
Ce qu'il faut cadrer
La CNIL recommande d'identifier chaque fichier, sa finalité, les
données vraiment nécessaires, les personnes qui y accèdent et la durée
de conservation adaptée. Le registre des traitements devient vite
indispensable dès que l'activité se numérise.
- Recenser les traitements: agenda, fidélité, prospection, facturation, photos, recrutement et paie.
- Limiter la collecte à l'utile et fixer des durées de conservation réalistes.
- Formaliser une information claire client: finalité, base légale, droits et contact de référence.
Prospection et sécurité des accès
Les campagnes SMS ou e-mail, les rappels de rendez-vous et les photos
utilisées à des fins commerciales nécessitent une vigilance
particulière, notamment sur le consentement, l'opposition et la
sécurisation des outils utilisés.
- Encadrer les envois marketing, listes de diffusion et import de contacts dans les logiciels de salon.
- Gérer séparément l'autorisation de publier des photos avant/après, qui ne se déduit pas d'un simple rendez-vous.
- Protéger les comptes, tablettes, logiciels de caisse et accès Wi-Fi manipulant des données clientes ou RH.
Priorité simple
Commencez par une cartographie très courte: quels fichiers existent,
pourquoi, qui y a accès, combien de temps vous les gardez et comment une
cliente peut exercer ses droits. Ce socle clarifie ensuite tout le reste.
Passez du guide à l'action
Utilisez la checklist salon pour choisir votre parcours: salon de
coiffure, institut de beauté ou activité mixte. Vous partez d'un socle
pratique et vous contrôlez les points prioritaires avant audit, reprise
ou inspection.
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