Prix TTC et information précontractuelle
Le consommateur doit connaître le prix avant la vente, sans avoir à le
demander. En pratique, cela implique un affichage clair en rayon, sur
les articles, en vitrine quand l'offre y est présentée, et à la caisse
si des frais ou suppléments existent.
- Afficher les prix en euros TTC de façon lisible sur l'article, son support ou à proximité immédiate.
- Informer aussi des frais annexes éventuels, des consignes ou du prix unitaire quand ce mode d'information s'impose.
- Contrôler les écarts entre prix affiché, logiciel de caisse, site e-commerce et supports promotionnels.
Soldes, promotions et étiquetage
Les périodes de soldes et les réductions de prix sont très contrôlées.
Le prix de référence doit être justifiable et les produits soldés
clairement identifiés. L'étiquetage produit reste lui aussi un sujet
de conformité: composition textile, dénomination, allergènes ou DLC
selon la nature des biens vendus.
- En soldes, distinguer les articles concernés et conserver la preuve du prix antérieur le plus bas des 30 derniers jours.
- Ne pas limiter les garanties légales sur un article soldé, déstocké ou en promotion.
- Vérifier les mentions propres à votre activité: composition textile, informations alimentaires, vrac, origine ou notices requises.
Bon réflexe
Tenez un tableau de pilotage unique pour les prix, remises et familles de
produits. C'est le moyen le plus simple d'éviter les écarts entre la
vitrine, les réétiquetages en magasin et le passage en caisse.
Rétractation et retours en magasin
En achat réalisé physiquement en boutique, le consommateur ne bénéficie
pas en principe d'un droit légal général de rétractation. En revanche,
le délai de 14 jours s'applique aux ventes conclues à distance ou hors
établissement, y compris si le retrait se fait ensuite en magasin.
- Distinguer clairement vos conditions d'échange commerciales des droits légaux du client.
- Si vous vendez en click-and-collect, téléphone ou réseaux sociaux, documenter le régime applicable à chaque canal.
- Former la caisse et l'équipe vente pour éviter des refus de retour fondés sur une règle erronée.
Garanties légales, médiateur et preuves
La garantie légale de conformité protège le client contre un produit
défectueux ou non conforme à sa description. La garantie contre les
vices cachés subsiste, et une garantie commerciale éventuelle ne doit
jamais réduire ces droits. En parallèle, le professionnel doit rendre
accessible son médiateur de la consommation.
- Prévoir une procédure simple de SAV: accueil du client, preuve d'achat, analyse du défaut, réponse écrite si besoin.
- Éviter les affichages du type "ni repris ni échangé" qui masquent ou contredisent les garanties légales.
- Rendre disponibles les coordonnées du médiateur compétent sur place et sur les documents ou supports utiles.
À formaliser
Rédigez une politique retours / échanges / garanties en trois niveaux:
geste commercial, garantie légale de conformité, litige avec médiation.
C'est plus lisible pour le client et plus sûr pour l'équipe.
Parcours client et modalités de service
L'accessibilité se vérifie du trottoir jusqu'à l'encaissement: marche,
porte, allées, cabines, comptoir, borne de paiement, lisibilité des
informations et capacité de l'équipe à accompagner le client.
- Identifier les obstacles réels: ressaut, porte lourde, présentoirs trop serrés, comptoir trop haut ou file d'attente encombrée.
- Prévoir une modalité de service accessible si tout le magasin ne l'est pas de manière uniforme.
- Penser aussi aux handicaps non visibles: explications verbales, signalétique, compréhension des promotions et procédures d'accueil.
Registre public d'accessibilité
Le registre public d'accessibilité doit être mis à disposition du
public. Il sert à expliquer simplement le niveau d'accessibilité des
prestations proposées par l'établissement et les dispositifs d'accueil
disponibles.
- Constituer un registre lisible et à jour, consultable facilement en magasin.
- Y joindre les pièces utiles selon votre situation: attestation, agenda d'accessibilité, notices ou informations pratiques pour le client.
- Réviser le registre à chaque travaux, réagencement ou changement de conditions d'accueil.
Point d'attention
Les commerces de proximité se dégradent vite sur ce sujet après quelques
réimplantations: bacs de promotion, présentoirs saisonniers, cartons ou
chevalets peuvent recréer des obstacles dans un local pourtant conforme
à l'origine.
Classement, réserves et espaces de vente
Le sujet incendie ne concerne pas seulement la surface de vente. Les
réserves, mezzanines, sous-sols, zones d'emballage, ateliers, locaux
techniques et accumulations de stock influencent le risque et parfois
le classement du site.
- Vérifier la cohérence entre l'effectif théorique du public, la configuration du local et le classement ERP retenu.
- Maintenir les dégagements libres, les portes et sorties identifiables, et éviter le stockage dans les circulations.
- Documenter les vérifications et maintenances des extincteurs, alarmes, éclairages et installations techniques.
Consigne incendie et rôle de l'équipe
Côté employeur, une consigne de sécurité incendie doit être affichée de
manière très apparente dans les établissements concernés par le code du
travail. Dans les autres cas, des instructions d'évacuation doivent
malgré tout exister et être connues de l'équipe.
- Définir qui alerte, qui évacue, qui coupe éventuellement certains équipements et qui accueille les secours.
- Former l'équipe de vente à la gestion d'un départ de feu en présence du public, y compris en période d'affluence.
- Revoir la prévention incendie avant toute densification de stock, vitrine saisonnière ou réaménagement de caisse.
À clarifier
On parle souvent à tort de "catégorie M". Le bon vocabulaire est ERP de
type M pour les magasins, puis une catégorie dépendant de
l'effectif. Garder cette distinction aide à cadrer les échanges avec le
bailleur, l'architecte, l'assureur ou la mairie.
Affichages et informations à porter à la connaissance des salariés
Plusieurs informations doivent être accessibles dans des locaux
normalement fréquentés par les travailleurs: inspection du travail,
service de santé au travail, secours d'urgence, convention collective
applicable, et selon les cas prévention du harcèlement, règlement
intérieur ou consignes incendie.
- Vérifier régulièrement les coordonnées affichées et les supports réellement utilisés par l'équipe.
- Faire correspondre vos affichages avec la convention collective et l'organisation réelle du magasin.
- Ne pas oublier les procédures internes critiques: ouverture, fermeture, caisse, agressions, alerte et premiers secours.
DUERP, registre unique du personnel et traçabilité
Le DUERP et le registre unique du personnel font partie du socle
minimum. Le premier formalise les risques professionnels et les
mesures de prévention; le second retrace les personnes employées dans
l'établissement, quelle que soit sa taille.
- Mettre à jour le DUERP à partir des risques réels du commerce: manutention, vols, stress, coupures, chimiques et TMS.
- Tenir un registre du personnel complet, y compris les contrats particuliers, stagiaires et dates d'entrée ou de sortie.
- Conserver aussi les preuves utiles: formations, observations de l'inspection du travail, maintenance sécurité et actions correctives.
Le minimum opérationnel
Préparez un dossier "poste employeur" unique pour le magasin: affichages,
DUERP, registre du personnel, contacts d'urgence, plan de prévention et
consignes remises à l'équipe. Ce dossier réduit fortement les angles
morts lors d'un contrôle ou d'un remplacement.
Fidélité, caisse et marketing
Une carte de fidélité ou un compte client ne doit collecter que les
données nécessaires à la finalité poursuivie. Le magasin doit expliquer
à quoi servent les données, combien de temps elles sont conservées,
comment exercer ses droits et comment se désinscrire des sollicitations.
- Identifier les finalités distinctes: fidélité, historique d'achat, avantages, prospection, tickets ou click-and-collect.
- Limiter les champs demandés à l'ouverture du compte et formaliser les durées de conservation.
- Prévoir une réponse simple aux demandes d'accès, rectification, opposition ou portabilité des données fidélité.
Vidéosurveillance et sécurité des accès
Si vous filmez des espaces ouverts au public, le projet doit être cadré
juridiquement et techniquement. Même sans déclaration CNIL générale,
la vidéosurveillance ou la vidéoprotection d'un magasin suppose des
affichages, une limitation des usages et, dans certains cas, une
autorisation préfectorale.
- Vérifier ce qui est filmé: zone publique, réserve, caisse, poste salarié, et ajuster le régime applicable.
- Sécuriser les accès aux logiciels caisse, CRM, fichiers clients et vidéos avec des droits limités et des mots de passe robustes.
- Documenter les prestataires impliqués: logiciel de caisse, emailing, hébergement, maintenance et caméras.
À mettre en place
Commencez par une cartographie simple des traitements: encaissement,
fidélité, SAV, vidéosurveillance, RH. Pour une petite structure, c'est
souvent le meilleur levier pour transformer le RGPD en actions concrètes
plutôt qu'en dossier abstrait.
Passez du guide à la vérification terrain
Ouvrez maintenant la checklist commerce pour transformer ces sujets en
points de contrôle concrets selon votre activité: boutique, commerce
alimentaire de proximité ou magasin spécialisé.
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